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La Molignée

La Molignée se classe parmi les meilleurs affluents de la Meuse en qualité biologique et écologique.
Forges et moulins, richesse verte et concentration d'artistes contemporains.
 
Remontons son cours depuis son embouchure vers ses sources et retrouvons ensemble les traces de son utilité et ses charmes.
 
Au cours des siècles, à Warnant, les moines de l'abbaye cistercienne avaient entrepris des travaux hydrauliques importants : un canal de dérivation d'un kilomètre, le creusement de trois étangs avec retenue d'eau.
 
Ils utilisèrent ce bief en y installant, successivement, un moulin à grains, un moulin à huile et surtout un moulin à papier.
 
Des industriels, en nécessité de coups d'eau pour animer leurs machines hydrauliques, s'adressèrent à l'abbaye de Moulins.
Le domaine abbatial de Moulins va devenir, pendant 150 ans, jusque 1978, l'usine de cuivre la plus importante du Royaume de Belgique, transformant les cuivres jaune et rouge.  Le château, toujours occupé par la famille fondatrice de l'usine jouxte celle-ci.
 
Entourés de menthes aquatiques pourpres, les myosotis cespiteux s'épanouissent au bas de chutes d'eau. 

Leurs fleurettes bleu ciel se mélangent à la blancheur de celles du cresson des fontaines, véritable festin pour les libellules, demoiselles, insectes et papillons. Plongeons le nez dans la hampe florale crème des reines des prés pour nous imprégner encore une fois de leur parfum avant de quitter le canal de dérivation où grouillent une multitude d'alevins, et reprenons le cours du ruisseau.
 
Appelé autrefois Ermeton, rieu de Floyon, riu de Moulisn, celui-ci fut rebaptisé Molignée au XIXe siècle, c'est-à-dire ruisseau qui a perdu ses dénominations successives au cours des âges. La fraîcheur de l'eau nous invite à le remonter jusqu'au bas des ruines de Montaigle. Celles-ci évoquent la légende de la dame au fagot, qui quitta le château, croulant sous le poids d'un fagot de bois contenant le seigneur du lieu, son mari, fait prisonnier.
 
Dans cette région bucolique de tiges et de chavées, le trajet de la Molignée est sinueux tant l'eau a érodé les sols les plus tendres pour rejoindre la Meuse. Les terrains rocailleux et secs sont tapissés d'une flore papillonnants : le flambé, la sauterelle à ailes en faux, et la rarissime cigale des montagnes. Dans l'eau, les renoncules flottantes prennent le soleil, la tête haute, blanche au cœur jaune. Elles attendent le martin-pêcheur !
 
Petite halte pour un boisson rafraîchissante, Maredret guidera nos pas vers le Musée du Bois et des fontaines, nous verra déambuler dans les sentiers à la recherche de roues de moulins, posées là ou en activité, photographier une chute d'eau ou une vanne, admirer les jardins clos.
 
Un de ces jardins vaut le détour pour sa jolie pelouse ornée de qutre parterres disposés en carré autour d'un cinquième central. Chaque parcelle, entourée de rangée de pavés, a sa particularité - gros oignons et échalottes - tomates, asperges vertes et blanches - salades, carottes, poireaux - fraises souvenirs de Charles. Dans le carreau central, s'épanouissent, au pied d'un laurier-sauce en pot, la ciboule, les menthes marocaines, les lavandes et autres herbes aromatiques. Deux mètres plus bas et pour nous ravir les yeux, une roue de terre explose de campanules bleues, blanches et de bruyères. Deux petites topiaires de buis, en boule, sont les sentinelles de ce pittoresque jardin de légumes.
 
Notre bâton de pèlerin nous entraîne vers Ermeton-sur-Biert, vers les petits rus de la Molignée, le Biert et le Flavion.  Nous nous arrêtons souvent pour tant de beautés et d'ingéniosité, fleurs sauvages ou cultivées, fleurs et fruits du haricot sur perche, parfum des bois, clins d'oeil des fraises sauvages, cascades ou retenues d'eau, pour arriver aux sources : la Behoute et le ruisseau de Stave.