Si bien sûr, Warnant est un village de la vallée de la Molignée, il ne s'est pas développé le long de celle-ci, mais plutôt autour d'un de ses affluents, le Ry du Baty qui permet à la vallée de s'élargir vers le Nord-Ouest par un coteau régulier.
Warnant était une commune très étendue, 1183 hectares, car dès la formation de celle-ci en 1976, elle inclut, non seulement Warnant proprement-dit, mais aussi Salet. Elle engloba aussi en 1812 l'éphémère commune de Moulins que l'administration Napoléonienne jugea trop peu populeuse. C'est ainsi que Warnant couvre les 5 derniers kilomètres de la Molignée avec la plaine de Moulins, où la vallée s'élargit, Ohey, le bois dénommé Mont-Anhée, la section Pont d'Yvoir et les industries Bauchau ainsi que le quartier de la Bossière.
Comme pour tous les villages environnants, on trouve des traces très anciennes de population. Rien d'étonnant à cela puisque la vallée offre de bonnes terres et de très nombreuses sources qui forment de petits ruisseaux. Les plus importantes sont la source du Launoy aux Esbrulets, près de laquelle est attesté un très ancien lieu d'habitat, les sources qui forment le Ry du Baty dont la plus célèbre est celle de Sainte-Adèle, la source de la Maison de Pierre, les sources près de la ferme d'Ohey, celle des Spaugnes, la source des Blancs Cailloux qui donne le torrent qui forme la limite entre Salet et Warnant.
Avec le relevé de population de 1602, on arrive à un total de 8 fermes, 2 forges, un moulin et 23 maisons, ce qui doit faire une population de 130 habitants sans l'abbaye (entre 20 et 30 moines). Avec une croissance régulière au 18ème siècle qui suit une forte hausse à la fin du 17ème siècle, les recensements comptabilisent en 1784 : 103 habitants pour 36 maisons à Warnant et 53 habitants pour une dizaine d'habitations sans les moines à Moulins. En 1815, le tout fait 241 hab, 386 en 1840, 658 en 1890, 740 en 1910, 753 en 1938 et 697 en 1961 peu avant la fusion..
Warnant a toujours fait partie du Comté de Namur et a toujours suivi l'évolution politique de celui-ci. C'est-à-dire une indépendance depuis le 10ème siècle, la période Bourguignonne dès 1421, l'Espagnole dès 1494, l'Autrichienne dès 1715. Au sein de ce comté existaient des bailliages, nous ressortissions de celui de Montaigle qui englobait les localités de la Molignée depuis le confluent avec la Meuse jusque Maredsous, plus Falaën, Salet, Annevoie, Rouillon, Warnant et Hun. Son siège se tenait au château de Montaigle. Les compétences du bailli étaient de représenter le Souverain, principalement pour les tâches administratives. Trois seigneuries composaient l'actuel Warnant : Warnant proprement dit, Salet, et la plus grande Moulins. Les limites de celle-ci vont de la Meuse à l'Est, à l'Ouest du pied de la côte de salet jusqu'à la Maison de Pierre et Esbrulets compris et au Sud l'actuelle place d'Haut-le-Wastia comprenant donc le quartier de la rue de Moulins.
Deux fermes existent au centre de Warnant, l'une existe encore et l'autre se trouvait aux établissements Pirson. Cette dernière appartenait au début du 18ème siècle à la famille de Cassal, également seigneur foncier et hautain de Hun; En 1730, elle mit en vente ses biens et c'est ici qu'intervient la famille de Propper. D'origine allemande, haut fonctionnaire, ayant épousé Marie-Thérèse Bilquin et donc beau-frère du seigneur de Bioul, François-Guillaume de Propper achète donc en 1730 la seigneurie de Hun, le château de Hun, deux fermes à Hun et cette ferme de Warnant avec les terres qui y sont liées. Ses armoiries seront adoptées par la commune de Warnant en 1954 et par l'actuelle entité (la grue sur un tertre).
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