Salet - présentation historique

Situé sur un plateau qui domine la vallée de la Molignée, Salet fait environ 275ha. Il est limité au Sud par la Molignée, au Nord et à l'Est par un torrent, à l'Ouest par le Bois de Ronquière et les campagnes de Foy.
Administrativement, il fait partie de la commune de Wamant depuis 1796 et donc d'Anhée depuis le1/1/1965.

On a retrouvé des squelettes du 4ème millénaire av. JC au Trou des Nots. Le plateau de Salet a probablement été habité en continu depuis de nombreux siècles. Les terres cultivables sont nombreuses et les sources d'eau potable également: la fontaine de Warcha à l'Est, les deux fontaines à l'Ouest, le réservoir au Nord. La ferme est très ancienne ainsi que les maisons proches de celle-ci. En 1603, on relève une ferme et 9 maisons. En l784, le recensement comptabilise 11 maisons et 34 personnes. En 1823, on note 14 habitations cadastrées. Ainsi en 180 ans, rien n'avait bougé et le retard pris à cette époque empêchera Salet de se développer autant que les autres localités. On note 40 maisons et 170hab. en 1910.

En 1266, l'abbesse Béatrice acquiert la propriété foncière de Salet au nom de l'abbaye de Moulins qui en restera bénéficiaire jusqu'à la fin. La très ancienne situation seigneuriale de Salet nous permet d'avoir conservé de très nombreux documents fort anciens. Or, l'abbaye n'était pas vraiment un bon seigneur. En 1777, de Propper achète les seigneuries hautaines de Salet et Haut-le-Wastia ensemble. Salet n'offrait, selon lui, que peu d'attrait car ce n'est qu'un hameau de 10 maisons en mauvais état du fait des nombreuses taxes et saisies qu'ont effectué les religieux qui demeurent propriétaires fonciers du village et de la ferme. Il fait remarquer que c'est en raison de l'abbaye que le village a stagné alors qu'ailleurs sur la même période, les localités ont quasi doublé. En 1797, la ferme passera aux de Moreau de Bioul.

Aucune activité industrielle importante à part les très nombreuses carrières depuis le Moyen-Age n'a vu le jour à Salet.

Partie de la paroisse de Bioul, Salet fut intégré à Wamant, lors de l'érection de celui-ci en chapellenie en 1834 car il était fréquent dès la fin du 18ème siècle que les Saletois se rendent en l'église de ce lieu plutôt qu'à Bioul. Néanmoins, l'éloignement de l'église amena une régression de la pratique religieuse et dès 1886 et ce pendant quelques années, un pasteur protestant de Morville eut un certain succès lors d'assemblées tenues dans une grange. Grâce au courage et à la ténacité de plusieurs familles dont les Sottiaux, les Saletois érigèrent en 1915 une chapelle, choeur de l'actuelle église. En 1929, avec le soutien de l'abbaye de Maredsous et de donateurs, l'église est construite. En 1936, un porche est ajouté et une tour-clocher en 1941, Salet étant devenu une chapellerie en 1933 dédiée à Sainte-Thérese de Lisieux et à Notre-Dame de Lourdes. Eglise très coquette, nous devons signaler deux personnalités qui l'ont fréquentée. D'abord, le desservant bénédictin de 1931 à 1937, le père Daniel Duesberg, résistant, il mourra à Gross-Rozen en 1944. Le second est l'abbé Edgard Sottiaux, originaire de Salet, il mourut à 44 ans à Saint-Aubin où il était prêtre.

La vie associative est vivace grâce à l'importante communauté immigrée italienne. Cette communauté, caractéristique de Salet, est issue pour la plupart d'ouvriers de la carrière et des fours-à-chaux d'Haut-le-Wastia, arrivés en Belgique au sortir de la guerre 1940-1945.

(Texte d’Olivier Carly, Warnant)

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